Cécile Yvorel

l'Atelier du Bien-Etre

8 avenue des Baronnes

34730 Prades-Le-Lez

© 2016 Nectar'In Bien-Etre

Parents-enfants : ce qui se joue à Noël

December 12, 2016

Pourquoi les enfants aiment-ils tant Noël ? Parce qu’ils reçoivent des cadeaux ? Sûrement. Mais pas seulement. S’émerveiller, croire en l’histoire qui leur est contée, rêver, passer de bons moments tous ensemble… La fête promet bien plus qu’une avalanche de paquets sous le sapin. À condition que les parents, eux aussi, acceptent  d’entretenir la magie.

 

Et si Noël n’était ni plus ni moins qu’une occasion de s’octroyer, en famille, une parenthèse enchantée ? Une trêve dans le quotidien ? Parce que Noël, dans les yeux des enfants, est bien plus que la fête commerciale que veulent nous vendre les publicités. Parce que ce qui se joue dans leur psychisme, à ce moment-là, n’a rien d’anodin. Et que les parents, à travers les enjeux qu’ils placent, ou non, dans la fête, ont beaucoup à leur transmettre.

 

 

Les bienfaits de l’émerveillement

 

 

« La seule chose qui intéresse Martin, à Noël, ce sont les cadeaux, affirme sa maman. Il n’y a qu’à voir la taille de la liste qu’il a réalisé cette année pour s’en rendre compte. » Les enfants sont-ils aussi matérialistes que nous le pensons ? Leur tendance à s’arrêter sur chaque page du catalogue de jouets et à demander plus que leur chambre pourrait contenir est-elle vraiment un mauvais trait de caractère à endiguer ? « Je trouve en réalité que les enfants sont très raisonnables vis-à-vis de Noël, analyse Michaël Larrar, pédopsychiatre. Il est vrai qu'ils ont parfois des demandes un peu fortes ou excitées, mais en vérité, ils supportent très bien l'attente, et la frustration. S’ils font des listes, et même si celles-ci sont parfois démesurées, c’est avant tout pour parce que cela les fait rêver. C’est un moment de puissance imaginaire incroyablement jouissif. Un acte déraisonnable qui ne coûte rien. Car le rêve, c’est gratuit. » De quoi rassurer les parents qui craignent la déception au pied du sapin. « Même petits, les enfants sont capables d’entendre, et de comprendre, qu’ils n’auront pas tout ce qu’ils ont demandé. À condition qu’on le leur explique. »

 

En effet, il serait dommage de priver les enfants de cet imaginaire naïf dont ils débordent. « Et ce, d’autant plus que le rêve est leur arme, quand les choses sont difficiles dans la vie, pour se donner un peu de répit et de réconfort. C’est leur matelas de sécurité. Et c’est d’ailleurs pour cela que certains continuent longtemps de croire au Père Noël. Parce que cela leur fait du bien. Parce que c’est un personnage rassurant, un guide, parfois même une figure parentale qui vient combler une carence affective, explique le pédopsychiatre. Et que tant que l’enfant ne se sentira pas prêt à s’en défaire, son psychisme, en continuant d’y croire, le protègera. »

 

 

 

Pas sage, pas de cadeau ?

 

 

Quel enfant n’a jamais entendu l’incontournable « Attention, si tu n’es pas sage, tu n’auras pas de cadeau à Noël ! » ? Un dicton qui est presque venu s’instaurer en loi dans notre société. « Je n’ai pas souvenir de l’avoir déjà dit à mes enfants, raconte Joëlle, 37 ans. Mais la boulangère, le voisin, ou je ne sais quel inconnu s’en est chargé pour moi. » Pourtant, en réalité, difficile d’imaginer qu’un enfant puisse être vraiment privé de paquet le 25 décembre. Un mensonge de plus sur le compte de la belle histoire de Noël ?

 

« Utiliser Noël comme enjeu éducatif comporte deux risques, selon Michaël Larrar. S’il reçoit finalement ses cadeaux, cela décrédibilisera le parent et la symbolique de la punition. Et s’il est vraiment puni, et est le seul à n’avoir aucun paquet à ouvrir, cela risque d’être d’une violence inouïe pour lui, et pour les liens familiaux. Une punition, quelle qu’elle soit, doit le moins impossible venir amputer le lien affectif qui lie l’enfant à ses parents. » Bien sûr, cela ne signifie pas qu’une bêtise doit être récompensée. Mais Noël, parce que c’est un moment familial intense, doit faire office de parenthèse. « Il y a certaines choses qui doivent être immuables. Et si l’enfant n’est vraiment pas un exemple de sagesse, on peut lui dire : “Ce n'est pas parce que je suis content de toi quand tu fais des bêtises que je ne te prive pas de cadeau à Noël, mais c'est parce que quoi qu'il arrive, et quoi que tu fasses, j'essaierai toujours de préserver les bons moments que nous passons tous ensemble.” »

 

 

 

Noël, un prétexte pour être ensemble

 

C’est bien là, selon le pédopsychiatre, le vrai secret du succès de Noël. La vraie raison pour laquelle nombre d’entre nous, petits et grands, nous affectionnons tant cette fête. « C'est parce que nous avons tous, que nous soyons païens ou croyants, besoin d'excuses pour nous retrouver, et que Noël est un incroyable prétexte pour cela. C’est une réponse à notre besoin de faire famille, et d'être en lien. » Et les enfants, les premiers, sont dans cette attente-là.

« Les parents peuvent être parfois très surpris d'une demande que les enfants n'arrivent souvent pas à formuler mais qui est pourtant très simple : “je veux juste que nous passions du temps ensemble”. C’est une demande d'affect assez primitive que leur font leurs enfants, parfois assez maladroitement, par des colères, des bêtises, des caprices... Avec Noël, ils trouvent un prétexte idéal pour passer du temps avec leurs parents : faire le sapin, faire la liste de cadeaux, avoir un sujet de conversation régulier en commun qui ne soit pas l'école, les mauvaises notes... Tout cela forme un support de liens affectifs qui, selon moi, explique bien plus le succès de Noël que l'aspect commercial et consumériste de cette fête. »

Alors, lorsque Noël prend des airs de corvée, avec ses cadeaux à trouver et ses menus à élaborer, à nous adultes, de prendre exemple sur les enfants qui, eux, n’en demandent pas tant. Un ou deux cadeaux qui font mouche, un moment agréable en famille, un peu de magie et d’enchantement. Et la vie de famille reprend des couleurs, au moins le temps de la trêve des confiseurs.

 

 

 

Source originale ici

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts à l'affiche

Thérapies psychocorporelles : notre corps parle aux thérapeutes

June 8, 2017

1/3
Please reload

Posts Récents