C'est quoi une doula?

Témoignage:


Un beau matin, pendant ma grossesse, j’ai tapé « accoucher sans péridurale » sur Google. Non, mon cerveau n’avait pas été frappé par une attaque massive de béta HCG en furie, ni court-circuité suite à une overdose d’acide folique ; VRAIMENT, je me posais la question d’avoir recours ou non à la péridurale, VRAIMENT j’aurais voulu accueillir bébé Carrousel naturellement, VRAIMENT j’étais sincère en disant « je verrai sur le moment, si j’arrive à faire sans, je ne la demanderai pas », VRAIMENT je croyais qu’on pouvait accoucher sans péridurale sans préparation particulière, juste en disant « non non les gars, je suis bien, on va continuer comme ça ». (Je parle des situations où on a le choix hein, bien-sûr, parce que si vous arrivez à la maternité avec la tête du bébé à moitié dehors ou que vous accouchez chez vous, la question ne se pose plus).


Par les méandres des algorithmes de notre moteur de recherche favori, je tombe BIEN-SUR sur le forum Doctissimo, le fidèle compagnon de la maman psychoteuse, de la conception aux 18 ans de l’enfant. Alors que je parcours en diagonale les sujets, certaines mamans parlent d’une doula pour assister à leur accouchement naturel (=sans péri, entre autres) et les aider dans cette épreuve. A cette époque, ce mot de doula, qui m’est totalement inconnu, m’évoque une mama africaine en train de faire la danse du fœtus devant une case où accouche une femme à même la terre battue. Mille excuse pour le stéréotype, mais c’est la version étroite d’esprit de moi-même qui contrôlait mon cerveau à cette époque. Bref, une pratique marginale, dépassée et surtout très chelou, me dis-je à ce moment là, sans chercher à en savoir davantage. Quelques mois plus tard, j’accouche à l’hôpital et réclame ma péri à corps et à cris, comme tout le monde.


Environ un an plus tard, je me trouve chez des copines rencontrées à la Leche League (alias la brigade du MILK ou les Avengers du boobs, d’après les pères indignes ) avec Bébé Carrousel âgée de quelques mois. En terme de maternage (et de marginalisation ! ), les filles sont plus avancées que mon moi de l’époque ; elles allaitent leurs enfants qui me paraissent grands (entre 18 mois et deux ans, ce qui aujourd’hui me semble parfaitement naturel tout simplement), dorment avec leurs enfants comme si c’était évident (alors que moi, je me cache encore pour le faire), lavent leurs couches ou ne leur en mettent pas, mangent exclusivement bio et… accouchent sans péridurale. L’une d’entre elles annonce qu’elle va commencer une formation de doula. Tilt ! Tiens, elle ne porte pourtant pas un boubou et semble bien entrée dans le 21ème siècle ? Une formation, comme pour un vrai métier ? Serait-ce donc finalement une pratique d’actualité ?


Et c’est ainsi que, de fil en aiguille, j’ai découvert le magnifique métier de doula . Et comme je suis une fille sympa, je partage, parce que ce serait dommage qu’on soit toutes aussi bêtes que moi, à imaginer la doula comme une illuminée qui chante des incantations à côté d’une parturiente en transe.


femme et bébé à l'hopital


L’association des doulas de France la définit ainsi :une doula est une femme qui a pour vocation d’aider une autre femme et son entourage pendant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale, grâce à son expérience et à sa formation. Elle incarne la figure féminine qui se tenait autrefois auprès de la femme qui met au monde son bébé, aux côtés de la sage-femme.

(Au passage, je vous informe que le terme de doula ne vient pas du maraboutisme, mais du grec ancien et voulait dire « esclave », « servante » ce qui, j’en conviens, n’est pas très engageant vu comme ça.)