Dites que vous avez mal avant que le mal n’ait quelque chose à vous dire…

Quand nous sommes stressés ou angoissés, quand un événement dans notre vie nous met mal à l’aise, il est important de l’exprimer verbalement. Se confier à un professionnel ou à un proche évitera dans la plupart des cas, l’apparition de symptômes physiques petits ou grands, pouvant devenir très gênants alors même qu’ils auraient pu être évités par la seule force de la parole.

C’est un fait plus ou moins connu de tous, mais pourtant négligé : quand l’esprit est en souffrance prolongée, le corps développe des symptômes. Des symptômes différents d’un individu à l’autre, mais ayant tous cette même fonction de signal d’alarme. Ce sont les symptômes psychosomatiques.

Il en va ainsi, bienheureusement. Ce mécanisme de protection, s’il est désagréable, n’en reste pas moins utile. En effet, un mal être d’ordre psychologique même léger, s’il se prolonge dans le temps, finira par s’amplifier et créer des dommages importants, pouvant aller jusqu’à favoriser l’émergence d’une maladie mentale.


dessin visage spirales
Quand le cerveau tire le signal d’alarme

L’être humain, dans toute sa complexité, a donc développé ce mécanisme psychosomatique « d’alerte » afin de se protéger. Tout simplement. C’est pourquoi, il est conseillé d’exprimer, autant que possible, ce que l’on ressent. Cela permettra dans bien des cas d’éviter l’apparition de ces troubles physiques, des petits maux pas bien graves de prime abord, mais pouvant provoquer de réelles affections sur le long terme.

La science s’intéresse depuis longtemps à cette relation du corps et de l’esprit. Les connaissances dans ce domaine sont réelles et ne cessent de progresser. Elles mettent davantage en évidence, d’année en année, de découverte en découverte, les liens étroits entre la dimension émotionnelle de l’être humain et celle de la biologie du corps.

Quand on a conscience de cela, il n’est pas inutile d’apprendre à repérer ces mécanismes naturels. L’intérêt étant de parvenir à les déjouer, d’éviter ainsi des maux par le seul pouvoir de la parole. Pas de médicaments, pas de régimes alimentaires, non, aucune autre astreinte que celle de devoir verbaliser ses états d’âmes.

Simple ? Oui on peut le dire ainsi. Car le simple fait de mettre des mots sur un ressenti permet souvent d’en comprendre son origine, pour pouvoir ensuite y faire face et finalement de surmonter le problème. Partager ses angoisses, avec un proche de confiance, fait un bien fou. Évoquer le stress ressenti au travail, par exemple, avec un professionnel de santé permet d’en identifier l’origine et de mettre en place une stratégie d’évitement.

Facile ? Pas tant que ça en fait. Force est de constater que ce simple processus de verbalisation, n’est pas aussi facilement mis en oeuvre qu’il le devrait. Les raisons en sont multiples. Les conséquences aussi, le corps va irrémédiablement mettre en place son propre processus d’expression du mal être psychologique. Il dispose pour cela d’une multitude de possibilités. Ces symptômes psychosomatiques peuvent varier d’un individu à l’autre, le corps peut même changer de stratégie dans le temps, pour parvenir à alarmer, s’il ne réussit pas du premier coup.



Pourquoi est-il si difficile de parler de soi ?

Là encore, les raisons sont multiples. La première est que l’on peut croire, à tort, que tout va bien. On se croit fort. On s’idéalise pouvant traverser les tempêtes, avancer à contre-courant et arriver à destination, pour embrasser le but que nous nous sommes fixés.


Le déni s’installe alors, pour nous permettre de continuer d’avancer, au-delà des difficultés rencontrées, faisant abstraction des « dommages collatéraux ». Mince après tout : « si je n’y mets pas un peu du mien, je n’arriverai à rien »…

Ho que si : vous arriverez un jour ou l’autre chez le médecin ! D’ailleurs, le plus tôt sera le mieux. Car si vous vous entêtez à faire abstraction des signaux d’alerte envoyés par le corps, celui-ci va employer d’autres méthodes plus radicales, d’autre symptômes plus forts pour vous faire entendre raison.


Homme se tenant la tête à deux mains
Comment évaluer ses propres difficultés ?

Cette question est loin d’être simple. Bien malin celui qui peut prédire des conséquences sur sa santé de telle ou telle situation, souvent d’apparence bénigne, tout du moins dans un premier temps. En effet, nous sommes tous confrontés à de petits problèmes du quotidien, que nous surmontons pour la plupart d’entres eux, sans réelles difficultés.

Toutefois, certaines difficultés peuvent passer inaperçues, ne pas être prises en compte et donc non traitées, du simple fait qu’elles ne nous apparaissent pas problématiques. C’est justement là que naît le problème, discrètement, pour s’amplifier dans le temps. Pour bien comprendre, je vous propose une petite analogie.



Un petit caillou qui peut faire très mal

Chacun d’entre nous est capable de porter une pierre de la taille d’une orange à bout de bras. Je ramasse la pierre, je la tiens à hauteur du regard, à bout de bras. Pas de réelle difficulté donc, d’ailleurs personne n’identifiera cette situation comme problématique, ou insurmontable.

Considérez maintenant, cette même pierre, ce même bras, cette même hauteur de regard… sur un temps prolongé. Ce petit effort, combien de temps pourriez-vous le faire durer ? 1 heure ? une journée ? Bref, peut importe. Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que quelle que soit la pierre, même un peu plus grosse : vous seriez parvenu à la porter. Mais certainement pas plus longtemps que votre bras ne le pouvait, avant que les crampes et les douleurs n’apparaissent.

Les plus tenaces d’entre vous auraient certainement pu tenir encore et encore, sous la douleur, par la seule force de la volonté. On en voit beaucoup, des gens « forts », des personnes capables de s’affliger leur propre pitance quotidienne au-delà de ce qui est raisonnable.



Le stress plus lourd que le caillou

Comprenez que le stress agit un peu comme cette pierre. Quand il est ponctuel, il est supportable et même utile, compte tenu de ses répercutions sur nos sens et aptitudes qu’il amplifie, mais là n’est pas notre sujet. Par contre un stress qui se prolonge dans le temps, qui se reproduit à intervalle régulier, est quant à lui destructeur.

Il met sérieusement votre santé en danger… alors même qu’il est parfaitement géré et acceptable s’il est ponctuel.

C’est là toute la difficulté de la situation. Quand allons-nous devoir parler pour mettre des mots sur une situation d’apparence bénigne ? Qui va le comprendre ? Ne dois-je tout simplement pas continuer à « prendre sur moi » ?


Homme poussant un énorme rocher dasn une pièce
Si tu ne le dis pas, ton corps le dira pour toi

Le fait est que votre corps va lui s’exprimer pour vous, à votre place en quelque sorte. Il va le faire dans le souci de préserver son équilibre, qu’il sait être en danger. Soyons donc attentif aux signaux envoyés. Il peuvent être petits, voire même passer inaperçus. Pourtant, dans la plupart des cas, un mal physique a bien une origine qui peut être interprétée.



Comment apparaît une maladie psychosomatique ?

Prenons l’exemple d’une situation banale au travail. Votre supérieur hiérarchique, le « chef », n’arrête pas d’augmenter votre charge de travail. A peine avez-vous terminé une tache, parfois même avant, il vous confie un autre dossier, vous donne une autre mission, ou vous demande de refaire un travail qui ne lui paraît pas satisfaisant…

Une situation banale, voire même acceptable, si et seulement si elle ne se répète pas indéfiniment. Ce qui malheureusement, constitue le quotidien de beaucoup de salariés. Dès lors, cet environnement toxique au travail va irrémédiablement vous empoisonner la vie, au-delà même du seul cadre professionnel.

La pire des choses à faire est de taire la situation. C’est pourtant ce qui se passe bien souvent, peut-être même dans une majorité de cas. Le marché du travail étant ce qu’il est, se plaindre est devenu un luxe que l’on n’autorise plus…

Pourtant si nous taisons ce que nous ressentons, si la situation perdure pendant des mois, toutes ces émotions négatives contenues vont tôt ou tard refaire surface. Elles auront des effets sur notre santé, comme la pierre portée à bout de bras que l’on garderait des jours entiers….



La maladie psychosomatique

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